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L'exposition Millefeuille a eu lieu au musée des Beaux Arts de Dijon de juin à octobre 2008, dans le contexte d'un programme d'ouverture du musée aux pratiques contemporaines. L'exposition s'est construite dans une volonté de choix et de révélations des objets les uns par les autres ; Les anciens par les modernes, les occidentaux par les orientaux, les objets domestiques par les armes, les aciers damassés par les wootz et bien sur, inversement. La lumière et la scénographie ont étés également conçue par Jean-Noël Buatois pour révéler les aciers et donner à voir les détails les plus raffinés.
L'exposition a été l'occasion de très nombreuses expérimentations. Notons que c'est à cette occasion qu' a été mis au point, avec l'IUT du Creusot, le damas organique. Le damas organique est une nouvelle façon de produire des motifs pour les aciers damassés. Dans l'exposition cet acier était réservé à une série de dagues. Merci aux conservatrices du musée des Beaux-Arts, Sophie jugie et Catherine Gras, aux personels Eric Dunatte (régie) et Denis Ponard (électricité), Anne Lhuilier (régie des oeuvres), Laurence Baise (document) ainsi que François Jay pour les photographies. La ville de Dijon et spécialement Yves Bertellot, élu à la culture . La DRAC Bourgogne et spécialement Anne Dallant qui a initié le projet ainsi que Catherine Gaich. L'IUT du Creusot avec Pierre Dumont et Ralph Seulin, Thermie Bourgogne Industrie et Mr Weité, David Sautray et Energy Conversion System France MAgnet Engeneering, Fabrice Cognot (identification), Jérome Douillet, Olivier Le fustec (fours), Claire Legrand et Jean-Christophe Nourisson (entretien), les deux papés fous de mécanique, Paul Morizot et André Poiffaut, Vincent Vinot, mon assistant, et Jean-Paul Thevenot dont l'aide a été précieuse et constante. |
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D'où vient le titre de l'exposition « Millefeuille » ? Il évoque en premier lieu l'achillée millefeuille, qu'on appelle aussi « l'herbe à la coupure » ou « l'herbe à soldat ». C'est une plante des talus incultes, qui a une feuille incroyablement découpée, merveilleuse de finesse et de détail. Elle stoppe le saignement, désinfecte la plaie et son usage perdure jusqu’à aujourd’hui. Mais cette dénomination « Millefeuille » fait essentiellement référence à une technique de forgeage de l'acier qui est très représentée, à la fois dans mon travail de coutelier, dans les objets domestiques et les armes conservés au Musée de Dijon. Il s'agit d'aciers de corroyage. On associe des plaquettes d'acier de deux (ou plusieurs) nuances différentes que l'on empile en alternance suivant un nombre déterminé (trois, sept ou plus). Puis, à chaud, on soude au marteau ces éléments et, comme pour faire une pâte feuilletée, on étire, on plie, on soude, on étire à nouveau et on replie encore, jusqu'à obtenir le nombre de feuillets souhaité. De trois couches initiales, on peut aller jusqu'à trois cents ou mille et tout le bloc obtenu est feuilleté. Il suffit, à la fin, de polir et de tremper la pièce forgée dans une substance acide pour que les couches apparaissent alors en surface et dessinent les motifs damassés. Cela ressemble beaucoup à la pâtisserie ; il n'y a aucune marge pour l'improvisation. Dans les faits, ce travail est assez lourd, très long et demande un savoir-faire acquis par des années d'apprentissage. L'opération se pratique à très haute température, tout près de 1400°C, le rouleau à pâtisserie est un marteau-pilon de deux tonnes. Le titre « Millefeuille » peut évoquer enfin le processus de conception de l'exposition. Les objets de la collection du Musée m'ont conduit à explorer une multitude de domaines, dans un grand nombre de directions pour mieux les connaître, analyser les formes et les décors, comprendre leurs usages, pénétrer leur symbolique. Si on les considère de notre point de vue contemporain, on se doit aussi de les examiner depuis leur époque de conception et dans le contexte historique qui les a vus naître. Je ne suis ni historien, ni scientifique. Mais les couches successives de toutes ces recherches sont restées et forment la trame de l'exposition.
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Après son exposition "Millefeuille" Où il est question d'aciers de collections, de petits motifs et de réfléchissements, Jean-Noël Buatois pour la seconde fois, avec "Chaos" des compas angles équerres, moulins à vent et autres réfléchissements de plusieurs sortes, porte son regard sur une collection. Le musée du compagnonage de Romanèches thorins (71) l'invite pour une exposition temporaire. Fasciné autant par les extraordinaires dessins préparatoires que par la géométrie impressionnante des maquettes des charpentiers, il construit son projet à partir de la géométrie et de la mesure et "questionne le désordre insondable du non encore ordonné"... Le chef d'oeuvre de Pierre-François Guillon vu en glissant la caméra sous l'édifice, point de vue impossible à un humain - faute de place - révèle la structure symbolique du pietement.
L'installation est réalisée à l'aide de grandes épures géométriques au cordeau, dans lesquelles s'insèrent les vitrines contenant les couteaux. Là aussi, la forme des vitrines, la lumière sont conçus pour l'occasion.
Photos André Morin |
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