Jean-Noël Buatois couteaux d'art design

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L'atelier s'est déplacé. Il est désormais situé dans le nord de la Côte-d'or dans un batiment tout neuf (voir l'atelier).

 
Millefeuille

 

L'exposition Millefeuille a eu lieu au musée des Beaux Arts de Dijon de juin à octobre 2008.

En 2006, le projet de confier une exposition à Jean-Noêl Buatois voit le jour dans le contexte d'un programme d'ouverture du musée aux pratiques contemporaines.

Les collections comportent des pièces historiques d'exception, dans laquelle la collection Dubois constituées d'armes orientales, entrée dans le musée en 1935 et jamais montrée. Dès lors l'exposition va se construire dans une volonté de choix et de révélations des objets les uns par les autres ; Les anciens par les modernes, les occidentaux par les orientaux, les objets domestiques par les armes, les damas par les wootz et bien sur, inversement.
La lumière et la scénographie également conçue par Jean-Noël Buatois pour révéler les aciers damassés et donner à voir le raffinement des objets, créent une ambiance très particulière dans cette salle gothique, la plus ancienne du musée.

 

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Les vitrines acceuillaient tous les objets couteliers, par rapprochements ou par confrontations, dans l'ntention d'amener le visiteur à les contempler comme des productions artistiques  et à en considérer la valeur culturelle, iconographique ou symbolique.

 

 

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L'exposition a été l'occasion de très nombreuses expérimentations. Notons que c'est à cette occasion qu' a été mis au point, avec l'IUT du Creusot, le damas organique. Le damas organique est une nouvelle façon de produire des motifs pour les aciers damassés. Dans l'exposition cet acier était réservé à une série de dagues.

 

 

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Quelques images souvenirs

 

 

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Merci aux personnels du musée des Beaux-Arts, les conservatrices, Sophie jugie et Catherine Gras, Eric Dunatte (régie) et Denis Ponard (électricité), Anne Lhuilier (régie des oeuvres), Laurence Baise (document) ainsi que François Jay pour les photographies. La ville de Dijon et spécialement Yves Bertellot, élu à la culture . La DRAC Bourgogne et spécialement Anne Dallant qui a initié le projet ainsi que Catherine Gaich. L'IUT du Creusot avec Pierre Dumont et Ralph Seulin, Thermie Bourgogne Industrie et Mr Weité,  David Sautray et  Energy Conversion System France MAgnet Engeneering, Fabrice Cognot (identification), Jérome Douillet, Olivier Le fustec (fours), Claire Legrand et Jean-Christophe Nourisson (entretien), les deux papés fous de mécanique, Paul Morizot et André Poiffaut, Vincent Vinot, mon assistant, et Jean-Paul Thevenot dont l'aide a été précieuse et constante.

 
Entretien Millefeuille

Vous pouvez trouver cet entretien au format PDF ici.  PDF

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D'où vient le titre de l'exposition «  Millefeuille »  ?

 

Il évoque en premier lieu l'achillée millefeuille, qu'on appelle aussi « l'herbe à la coupure » ou « l'herbe à soldat ». C'est une plante des talus incultes, qui a une feuille incroyablement découpée, merveilleuse de finesse et de détail. Elle stoppe le saignement, désinfecte la plaie et son usage perdure jusqu’à aujourd’hui.

 

Mais cette dénomination « Millefeuille » fait essentiellement référence à une technique de forgeage de l'acier qui est très représentée, à la fois dans mon travail de coutelier, dans les objets domestiques et les armes conservés au Musée de Dijon. Il s'agit d'aciers de corroyage. On associe des plaquettes d'acier de deux (ou plusieurs) nuances différentes que l'on empile en alternance suivant un nombre déterminé (trois, sept ou plus). Puis, à chaud, on soude au marteau ces éléments et, comme pour faire une pâte feuilletée, on étire, on plie, on soude, on étire à nouveau et on replie encore, jusqu'à obtenir le nombre de feuillets souhaité. De trois couches initiales, on peut aller jusqu'à trois cents ou mille et tout le bloc obtenu est feuilleté. Il suffit, à la fin, de polir et de tremper la pièce forgée dans une substance acide pour que les couches apparaissent alors en surface et dessinent les motifs damassés. Cela ressemble beaucoup à la pâtisserie ; il n'y a aucune marge pour l'improvisation.

Dans les faits, ce travail est assez lourd, très long et demande un savoir-faire acquis par des années d'apprentissage. L'opération se pratique à très haute température, tout près de 1400°C, le rouleau à pâtisserie est un marteau-pilon de deux tonnes.


Le titre « Millefeuille » peut évoquer enfin le processus de conception de l'exposition. Les objets de la collection du Musée m'ont conduit à explorer une multitude de domaines, dans un grand nombre de directions pour mieux les connaître, analyser les formes et les décors, comprendre leurs usages, pénétrer leur symbolique. Si on les considère de notre point de vue contemporain, on se doit aussi de les examiner depuis leur époque de conception et dans le contexte historique qui les a vus naître. Je ne suis ni historien, ni scientifique. Mais les couches successives de toutes ces recherches sont restées et forment la trame de l'exposition.

 



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